vendredi 6 avril 2018

Dans ma PAL [06],

              
Le but de ce rendez-vous hebdomadaire (chez moi, c'est pour les vendredis) organisé par Book'n'Love est de sortir un livre de sa PAL (Pile à Lire) et de répondre à trois questions :
Te souviens tu quand tu as acheté/reçu/emprunté ce roman ?
Pourquoi est-il encore dans ta PAL ?
Comptes-tu le lire prochainement ? Si oui/non, pourquoi ?





Te souviens tu quand tu as acheté/reçu/emprunté ce roman ?
Il y a quelque chose comme un an : on était persuadées avec ma mère de l’avoir, mais en cherchant, aucune trace de ce classique. Amatrices de policiers et de classiques, il fallait bien qu’on y remédie !
Pourquoi est-il encore dans ta PAL ?
C’est un roman assez volumineux et, paraît-il, assez complexe, qui demande du temps. Il faut que je trouve la bonne période pour m’y plonger.
Comptes-tu le lire prochainement ? Si oui/non, pourquoi ?
À la fin de mes études, peut-être, en tout cas, une période où j’aurais peu de "lectures obligatoires". Mais j’espère le lire bientôt en tout cas !


jeudi 5 avril 2018

10 jours dans un asile, de Nellie Bly,

Engagée en 1887 au New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly a pour mission de se faire passer pour folle et d'intégrer un asile d'aliénés, le Blackwell's Island Hospital à New York. Elle y reste dix jours et en titre un brûlot. Dans ce reportage « undercover », elle met en lumière les conditions épouvantables d'internement des patientes ainsi que les méthodes criminelles du personnel.
Quatrième de couverture par Points, Reportage.
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« Laissez-moi vous dire une chose : dès mon entrée dans l’asile de l’île, je me suis départie de mon rôle de démente. Je parlais et me comportais en tout point comme d’ordinaire. Mais, chose étrange, plus je parlais et me comportais normalement, plus les médecins étaient convaincus de ma folie, […]. »
P. 18

Avant de commencer ma lecture, je me demandais si j’allais écrire ma critique dans le format classique ou dans la section psycho’n’crimino. En fermant le livre, je n’avais plus aucun doute : 10 jours dans un asile n’apporte strictement rien sur le plan psychologique et est simplement un reportage personnel, un compte-rendu subjectif.

J’aurais été déçue mais par chance, quelques critiques antérieures pointaient ce manque d’étoffement : Nellie Bly parle d’un asile, le Blackwell’s Island Hospital, parle de son expérience, parle de quelques aliénées. Mais cela s’arrête là : il y a finalement peu de descriptions et peu de comparaisons avec d’autres lieux d'hospitalisation. La journaliste rapporte un reportage sans poser les bases de son sujet et c’est très dommage… Elle évoque tout juste les cruels traitements entendus à l’extérieur (et les confirme). Mais c’est tout.

L’enquête aussi se révèle assez maigre : les médecins la privent de son carnet pendant son internement et on peut supposer qu’elle doit retranscrire son expérience une fois sortie, mais il est quand même dommage que le début soit pleinement détaillé et le reste totalement flou ! Pas même un passage où elle annonce être en fait une journaliste infiltrée, pas une seule transition entre le moment où elle est enfermée puis le moment où elle comparaît devant des juges pour rapporter ses recherches.

Finalement, les deux derniers chapitres à propos des maisons de placement et du travail d’ouvrière sont plus intéressants : brefs bien que ce soit justifié, l’essentiel est dit et l’émotion reste présente.

Un reportage qui se contente donc du minimum, une sorte de Vol au-dessus d’un nid de coucou plus épuré, avec uniquement des patientes plutôt que des patients. Si le sujet des asiles au XIXème vous intéresse, creusez vers des ouvrages plus sérieux car Nellie Bly ne comblera pas votre curiosité.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• L’édition de Points propose à la fin deux mini-enquêtes : Dans la peau d’une domestique (Trying to Be a Servant), sous-titré Une étrange expérience dans deux bureaux de placement, et Nellie Bly, esclave moderne (Nellie Bly as a White Slave), sous-titré Une immersion dans une fabrique de boîtes.


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vendredi 30 mars 2018

La Reine Margot, d'Alexandre Dumas,

Des «  noces vermeilles  » de Marguerite de Valois et Henri de Navarre, prélude au massacre des protestants, à la mort de Charles IX baignant dans une rosée de sang, les deux années qui s’écoulent comptent parmi les plus cruelles de l’histoire de France. Guerres civiles de religion, luttes d’influence au sein de la famille royale, complots et assassinats politiques forment la trame sombre sur laquelle se détache la figure de Margot. Beauté incomparable, dame galante, cette fille de France est aussi une femme de lettres doublée d’une redoutable politique ; Marguerite est avant tout une Valois, fille de roi, sœur de roi, femme de roi. Et le brave La Mole, ce jeune gentilhomme protestant réfugié dans l’alcôve royale pour échapper à ses assassins la nuit de la Saint-Barthélemy, sait que l’amour qu’il voue à cette perle le précipitera au cœur d’intrigues de pouvoir où la vie d’un homme n’a guère de poids.
Quatrième de couverture depuis LivrAddict.
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Aussi connu que Victor Hugo ou Molière, Alexandre Dumas a atteint l’immortalité grâce à son comte de Monte-Cristo ou ses trois (en fait quatre) mousquetaires. Ceci dit, le succès vient selon moi de des intrigues à rebondissements que de la plume-même de cet auteur. J’ai toujours regretté ce manque de poésie malgré quelques éclairs de génie et des dialogues amusants, mais les romans d’Alexandre Dumas ne me marquent pas comme ceux d’Hugo ou de Zola.
Toutefois, La Reine Margot reste une bonne lecture !


Véritable ancêtre des romans d’aventures historiques que l’on peut emporter à la plage, Alexandre Dumas dresse un décor dans un Paris rongé par la méfiance, tendu par les rivalités religieuses. Et sur cette scène austère, que des acteurs connus ! Enfin, connus : ils ont tous une page Wikipédia en tout cas, au même titre que Charlize Théron, Tom Cruise ou Natalie Portman, donc ça compte. De vrais people du XVIème siècle.
Dumas alimente la légende noire qui entoure Catherine de Médicis, offre des allures d’amour courtois à la liaison qui aurait uni la reine Margot et de La Mole (historiquement parlant, il aurait été également l’amant de François de France, dernier fils de Catherine de Médicis, mais pas l’ombre d’une allusion dans le roman... tant pis), explique le comportement ambigu de Charles IX... Les dimensions historiques sont donc totalement exploitées.
Il vaut mieux posséder quelques notions pour pouvoir situer tout ce beau monde, mais dans le fond, lire La Reine Margot, c’est comme regarder un épisode de Secrets d’Histoire : le côté romanesque est mis en avant et Dumas ne perd pas son lecteur dans des détails trop pointus. Il ne manque que la présence de Stéphane Bern, mais vous pouvez toujours le consulter si vous avez oublié jusqu'à la date du massacre de la Saint-Barthélemy.

Ce jour fatidique, parlons-en : j’ai été surprise qu’il soit à peine traité, arrivant dès le début du roman et étant vécu d’assez loin. Ce sont surtout les répercussions que le lecteur découvre, bien que cela n’empêche pas les scènes sanglantes qui possèdent un côté kitsch, mêlant violence et érotisme. Personnellement, j’adhère car c’est totalement assumé et bien représenté !

Un matin devant la porte du Louvre (1880), d’Edouard Debat-Ponsan
«  Il apparut enfin dans la rue, soutenant d'un bras sa maîtresse, à moitié nue et presque évanouie, et tenant un poignard entre ses dents. Son épée, flamboyante par le mouvement de rotation qu'il lui imprimait, traçait des cercles blancs ou rouges, selon que la lune en argentait la lame ou qu'un flambeau en faisait reluire l'humidité sanglante  »
P. 161, tome 1

Un classique qui ne posera aucun problème d’indigestion, régalant avec son esprit romanesque, avide d’aventures qui pousse les pages à défiler rapidement. Si vous aimez Dumas, il frappera à coup sûr. Si vous voulez découvrir ce colosse de la littérature française, cette version de l’histoire de la reine Margot est un bon choix, reprenant tous les codes qui font le succès de Dumas.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
Ma Reine Margot a été publié en feuilleton juste après Les Trois Mousquetaires en 1844 : depuis ces œuvres, le cardinal de Richelieu et Catherine de Médicis ont une image très romancée mais tenace. Le premier, manipulateur hors-pair et glacial, la seconde, mère redoutable et adepte du poison. Les clichés que l’on connaît aujourd’hui ont été alimentés avec les livres de Dumas.

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(mon édition nexiste plus qu’en occasion sur des brocantes, je vous propose donc la version du Livre de Poche en un tome)
 

lundi 26 mars 2018

Laëtitia, d'Ivan Jablonka,

Laëtitia Perrais avait 18 ans et la vie devant elle. Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, elle a été enlevée. Puis tuée. Par la vague d’émotion sans précédent qu’il a soulevée, ce fait divers est devenu une affaire d’État. À travers cette enquête de vie, Ivan Jablonka rend Laëtitia à elle-même. À sa liberté et à sa dignité.
Quatrième de couverture par Points.
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Tout le monde a entendu parler de Laëtitia Perrais et de Tony Meilhon. Tout le monde a entendu parler de la grève des magistrats, leur colère provoquée par les mesures que l’ancien président Nicolas Sarkozy voulait appliquer. Et tout le monde a entendu parler du livre de Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes, prix Médicis.
Je ne suis pas influencée par les prix reçus et donc je n’attendais pas forcément un chef d’œuvre, me méfiant même des critiques qui encensent trop. Mais ce livre m’a franchement mise mal à l’aise. Non pas avec son sujet, j’ai lu La Mésange et l’Ogresse, La femme qui donnait à manger aux chiens, Fils de Sam, L’AdversaireCe qui me gêne terriblement, c’est la démarche de l’auteur que j’ai trouvé suspecte, presque malhonnête.

Dans l’écriture surtout : Jablonka manque beaucoup de pudeur dans son ouvrage, détaillant sans que ce soit nécessaire. L’horreur a-t-elle besoin d’être décrite quand elle a déjà été étalée sur tous les journaux et écrans télévisés ? Les calvaires ont-ils besoin d’être répétés ? Peut-on rendre dignité et humanité à Laëtitia Perrais en en faisant une martyre avec ses détails ? Je ne pense pas.
L’ennui, c’est que l’écriture est saturée d’effets de sensation, aussi bien sur le plan de l’horreur que du plan sentimental. Ces effets pourraient marcher s’ils n’étaient pas aussi nombreux et hors de propos pour un tel sujet. Rendre hommage en produisant un livre à sensation ? Pareil, je ne partage pas la démarche.
De même : le drame que Laëtitia a vécu parle de lui-même, une personne qui reste de marbre est une personne avec de graves problèmes d’empathie. Jablonka n’a pas besoin de nous rappeler qu’elle a vécu l’horreur avec de nombreuses métaphores et répétitions, de nous rappeler qu’il faut pleurer pour elle. À titre d’exemple, j’ai admiré la pudeur d’Harold Cobert dans La Mésange et l’Ogresse : les scènes de « chasse » de Michel Fourtniret s’arrêtent au moment où la victime entre dans son véhicule. Décrire plus loin est superflu et l’imagination seule entraîne la frayeur.

Après, si on oublie qu’il s’agit d’un fait divers authentique et récent, la lecture est plutôt plaisante, rythmée. Il y a une réflexion très intéressante sur la création d’un fait divers, comment les gens s’arrachent une histoire sordide, l’utilisent à leurs fins. Mais peut-on oublier qu’une jeune femme a perdu la vie dans cette affaire ? D’autant que Laëtitia et sa sœur Jessica sont nées la même année que moi, et je ne peux m’empêcher de penser que sans cette journée "merdique" du 18 janvier 2011, Laëtitia aurait fêté également son quart de siècle l’an dernier.

« Un fait divers suppose un coupable. Un fait divers horrible exige un monstre. »
P. 142

J’ai donc eu beaucoup de mal avec ce livre, ne comprenant pas l’intention exacte d’Ivan Jablonka et j’ai préféré la pudeur et la simplicité qu’utilisent d’autres auteurs pour ce genre d’ouvrage. Leur neutralité également car certaines réflexions de Jablonka sont réductrices et à prendre avec nuances, leur place n’était donc peut-être pas dans un récit pour Laëtitia.
Et là, Laëtitia aurait retrouvé son humanité à mes yeux, mais ce roman a produit l’effet inverse..

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• Ivan Jablonka a obtenu le prix Médicis en 2016 avec Laëtitia. L’édition Points, assez vendeur, propose des citations de critiques et celle de Grazia mettra de nouveau l’accent sur mon scepticisme : « Un thriller à couper le souffle ». Thriller… On a l’impression de parler du dernier Sire Cédric ou Jo Nesbø.


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lundi 19 mars 2018

Du domaine des murmures, de Carole Martinez,

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire "oui" : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe... Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.
Quatrième de couverture sur LivrAddict.

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Du domaine des murmures est un roman qui mêle habilement modernité et Moyen-âge : dans un contexte historique très obscur, Carole Martinez parle aux femmes de toutes les époques et si la situation d’Esclarmonde peut être difficilement vécue au XXIème siècle, ses craintes, ses pensées et ses espoirs sont intemporels.

La force principale de cette histoire, c’est l’écriture : la narration est vivante et harmonieuse. La facilité de lecture ne vient donc pas seulement de la longueur modeste Du domaine des murmures mais également de cette plume leste.
Ironiquement, la faiblesse que je reproche à ce roman, c’est justement sa brièveté, ou plus que cela : sa chute. Il est difficile d’en parler sans spoiler : tout d’abord, à ceux qui ne l’ont pas lu, la conclusion arrive de façon abrupte et coupe l’enthousiasme de la lecture. Pour ceux qui l’ont lu, [spoiler] si l’idée qu’Esclarmonde décède ne me dérange pas (non pas que je ne l’aimais pas : la mort d’un personnage n’altère pas mon ressenti et n’est jamais la cause d’un avis négatif), c’est qu’elle est soudaine. Comme la mort, peut-on me répondre : soudaine, brutale et surprenante, la mort d’Esclarmonde est réaliste. Maiiiis celle d’Emma Bovary aussi l’est et pourtant, le roman possédait une fin que Du domaine des murmures n’a pas, coupant clairement la lancée [/fin du spoiler].

Un moment de lecture authentique où la beauté médiévale prend forme grâce à un sens poétique et à une histoire qui se résume à un message fort, malgré un sens du scénario moins maîtrisé : j’avais deviné certaines révélations (enfin bon, j’ai un esprit tordu) et le fil de l’histoire ne surprendra pas à la renverse. Mais cela ne retire rien au plaisir de lecture !
Quant à l’expérience en audiobook, Isabelle Carré rend hommage au Domaine des murmures prêtant sa voix à Esclarmonde, si toutefois vous n’avez pas l’habitude des livres à écouter, préférez la version lecture afin de vraiment profiter de la beauté du texte.

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• RAS pour le moment.

Envie de l’acheter ? (en audiobook)

mardi 13 mars 2018

Top Ten Tuesday [29],

              

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog.





Actuellement en première année de master, je m’éclate, j’apprends… Mais tout de même, quelque chose me chiffonne : j’ai énormément de lectures obligatoires qui m’empêchent de lire ce qui me fait envie sur un coup de tête. Surtout que mon mémoire se porte sur la figure du tueur au XIXème siècle donc mes lectures ne sont pas particulièrement joyeuses.
Alors ce mardi, je rêve en listant...

Les 10 livres que je vais lire une fois libérée de la première année de Master !



1. Les Disparus du Clairdelune, de Christelle Dabos
Une saga que je vais pouvoir poursuivre. J’avais repoussé la lecture du second tome de La Passe-miroir tant que le tome suivant n’était pas sorti (pour éviter une attente trop douloureuse, héhé), maintenant que La Mémoire de Babel est publié, je vais pouvoir retrouver Ophélia et Thorn après cette longue pause.



2. La suite de Hunger Games, par Suzanne Collins
D’accord, ça compte pour deux tomes. En octobre, j’ai été prise d’un déclic : et si je découvrais enfin les Hunger Games ? Maintenant que la hype est un peu passée, je ne me sens plus obligée d’aimer ou de détester cette saga. J’ai donc dévoré le premier tome il y a quelques mois mais, examens et début de semestre chargé obligent, j’ai mis en pause les mésaventures de Katniss.
Alors dès que j’aurais passé mon oral pour mon mémoire, j’enchaînerai L’Embrasement et La Révolte, rien à faire !



3. L’Erreur de l’Épouvanteur, de Joseph Delaney,
Est-ce de nouveau une saga à continuer ? Oui, oui, c’est bien une saga que je vais pouvoir continuer : Le Combat de l’Épouvanteur était un tome de transition qui m’avait laissé un avis mitigé, mais dans L’Erreur de l’Épouvanteur, l’intrigue devrait se lancer. De plus, un tome sur deux est une très bonne lecture chez moi (j’ai adoré le 1, pas aimé le 2, eu un coup de cœur pour le 3 et une petite déception pour le 4) : si j’ai trouvé le tome 4 est moyen, le tome 5 devrait me réjouir.




4. Le Ventre de Paris, d’Emile Zola
J’aimerais lire plus de Zola dans l’année : il y a vingt tomes dans la série des Rougon-Macquart, si je continue d’en lire un par an, je vais finir la saga à presque 50 ans et cette idée m’a foutu un coup de vieux terrible. Donc en plus du Ventre de Paris, j’espère lire jusqu’à Son Excellence Rougon Macquart (le tome 6 donc) avant 2019 !





5. Silence, de Shūsaku Endō
Je ne connaissais ni le livre, ni l’auteur avant l’adaptation cinématographique de Martin Scorsese sortie l’an dernier (que je n’ai pas encore vu). Le christianisme sur les terres asiatiques est un sujet qui m’est totalement inconnu et je suis curieuse de découvrir cette partie de l’histoire du christianisme, avoir une base et poursuivre plus tard des recherches. 






6. Journal d’une femme de chambre, d’Octave Mirbeau
Un classique que je veux lire depuis un sacré moment : assez discret, Journal d’une femme de chambre est pourtant un roman qui possède plusieurs points intéressants, pour qui aiment les romans sociaux en tout cas. Et comme il a connu plusieurs adaptations auxquelles je résiste depuis un moment, je pourrai ensuite les voir !





7. Maurice, d’Edward Morgan Forster
J’avais aperçu ce livre il n’y a pas longtemps, attirée par le fait que ce serait une des premières romances gays écrites (rédigée en 1913 et publiée seulement en 1971). Je l’ai finalement trouvé en anglais et, une fois libérée, je pourrais prendre mon temps pour lire Maurice en version originale.




8. Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, de Stefan Zweig
J’ai dit que je lirais du Zweig en 2017, finalement, ça ne s’est pas fait. Mais cet été, je vais tenir ma parole et découvrir enfin cet auteur autrichien que je veux lire depuis plusieurs années. Je commencerai donc par un de ses classiques : Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, il est court donc aucune excuse pour ne pas le glisser dans le sac.




9. La Reine des Sortilèges, de David Eddings
Encore une saga que j’ai dû mettre en pause, mais le premier tome n’avait pas réussi à me convaincre parfaitement à cause d’une introduction trop lourde. À la fin du Pion blanc des présages, l’intrigue démarrait un peu et maintenant, je n’ai qu’une hâte : voir si la suite peut me faire changer d’avis.




10. L’Hôtel hanté, de W. Wilkie Collins
Chaque lecture de Wilkie Collins est un vrai plaisir pour moi : Basil, Sans Nom, Passion et Repentir... Si L’Hôtel hanté s’inscrit aussi dans mes bonnes lectures (peut-être coup de cœur ? On verra), je déclarerai Wilkie Collins comme mon auteur préféré de littérature classique anglaise (car il ne pourra jamais piquer la place d’Emile Zola, qui reste mon chouchou du XIXème).





Vivement le mois de juin !
Quoique non, ce sera une grosse période de stresse...
Bonne chance à tous les étudiants qui sont dans la même situation : courage ! Mettez-vous à écrire !

lundi 12 mars 2018

Héloïse, ouille !, de Jean Teulé,

Jean Teulé revisite les amours tumultueuses d’Héloïse et Abélard dans une version d’une modernité ébouriffante.
À la fin de sa vie, Abélard écrivait à Héloïse : « Tu sais à quelles abjections ma luxure d’alors a conduit nos corps au point qu’aucun respect de la décence ou de Dieu ne me retirait de ce bourbier et que quand, même si ce n’était pas très souvent, tu hésitais, tu tentais de me dissuader, je profitais de ta faiblesse et te contraignais à consentir par des coups. Car je t’étais lié par une appétence si ardente que je faisais passer bien avant Dieu les misérables voluptés si obscènes que j’aurais honte aujourd’hui de nommer. »
Depuis quand ne peut-on pas nommer les choses ?
Jean Teulé s’y emploie avec gourmandise.
Quatrième de couverture depuis LivrAddict.
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Abélard et son élève Héloïse (1882),
par Edmund Blair Leighton
Même si j’ignore les détails, j’ai toujours été fascinée par l’histoire d’amour, devenue légende, d’Héloïse et du moine Abélard. J’ai toujours aimé les romances qui incluent des personnages religieux car la tentation et la religion peuvent apporter une dimension très humaine.
Mais enfin, ce n’est pas avec Héloïse, ouille ! que cette faiblesse a été comblée : Héloïse, ouille !, c’est lire une slash fiction, un porno littéraire sur ce couple populaire.

Je connais un peu le style de Teulé et pourtant, je ne m’attendais pas à un tel début : la première partie est composée, voire saturée, de cul. Les scènes pornographiques se succèdent avec beaucoup de détails et Jean Teulé semble avoir potassé le Kâma-Sûtra avant l’écriture de son roman.
J’ai accepté de continuer la lecture comme lorsque je regarde un nanar qui s’assume : cette romance ne fait pas particulièrement rêver et tombe dans le burlesque, le ridicule. Plutôt que d’exciter, ces scènes poussent même à rire !
Et cet humour très spécial se retrouve jusqu’à la fin et il m’aurait lassé si les personnages n’évoluaient pas : Jean Teulé suit quand même les grandes lignes historiques et évoque des évènements connus. Abélard, après avoir perdu ses parties génitales, revient à une foi plus sérieuse tandis qu’Héloïse est insensible à la honte, restant une femme amoureuse et forte.

C’est peut-être ce qui m’a plu dans Héloïse, ouille !, cette fameuse Héloïse : un peu (trop) naïve au début, vieillit en se forgeant un caractère fort et espiègle. Elle possède un charme particulier et j’ai aimé ses réflexions nonchalantes. C’est sûrement cette évolution qui a sauvé un peu mon ressenti.

Si vous commencez Héloïse, ouille !, ne vous attendez pas à une romance avec de belles scènes courtoises, prenez le roman pour ce qu’il est : une histoire à ne pas prendre au sérieux, qui verse dans le burlesque et ne connaît pas la décence. De quoi passer un moment comique même si je ne le conseille pas tellement, ayant conscience que cet humour et ce style peut fatiguer, voire agacer.

Héloïse et Abélard (1919) par Eleanor Fortescue Brickdal,
qui a servi à la couverture

             Quelques anecdotes sur ce bouquin,
• L’édition Audiolib termine avec un entretien avec l’auteur très intéressant : cela permet d’apprendre que Jean Teulé a voulu populariser le couple mythique après s’être rendu compte que personne ne connaissait vraiment Héloïse et Abélard.

Envie de l’acheter ? (audiobook)